Célébration de la vie du brigadier-général (à la retraite) Sheila Hellstrom

Article de nouvelles / Le 22 novembre 2021

Par Affaires publiques de la 12e Escadre

Le 16 octobre 2021, la famille, les amis, des membres de la communauté, des militaires retraités et en service se sont réunis par un après-midi brumeux au cimetière Hillcrest à Lunenburg, en Nouvelle‑Écosse, pour rendre hommage au brigadier-général (à la retraite) Sheila Hellstrom, une pionnière remarquable dans les Forces armées canadiennes.

Le Bgén Hellstrom est décédée en décembre 2020 à 85 ans. En raison de la pandémie de COVID-19, ses funérailles ont été célébrées au Cimetière militaire national de Beechwood à Ottawa en septembre et dans sa ville natale de Lunenburg en octobre.

La vice-chef d’état-major de la défense, le lieutenant-général Frances Allen, a prononcé l’éloge funèbre lors de l’inhumation à Ottawa. « Je regrette de n’avoir jamais eu le privilège de rencontrer Sheila en personne, mais je suis profondément émue par son engagement clair envers les forces armées et sa tradition intemporelle du service avant soi. Sheila se sentait obligée de pousser l’institution et ses gens à croître et à évoluer continuellement. Elle n’exigeait pas la perfection, mais soutenait notre institution et l’inspirait à faire mieux. Bref, à être meilleure. »

À Lunenberg, sur une toile de fond d’arbres dorés, rouges et orange de la campagne environnante, et en présence d’une garde des drapeaux de la Légion royale canadienne et du pasteur Rick Pryce de la Zion Lutheran Church comme officiant, la cérémonie a rendu hommage aux nombreuses réalisations du brigadier‑général Hellstrom. On se souvenait d’elle non seulement comme étant la première femme affectée à l’Agence des services techniques des Forces canadiennes, à Montréal, en 1969, et la première femme à fréquenter le Collège d’état-major des Forces canadiennes, en 1973, mais également comme une grande dirigeante et la première femme canadienne, en 1987, à obtenir le grade de brigadier‑général. 

Pendant le service, le pasteur Pryce a lu une note de Beth Swarbrigg, l’agente principale de l’avancement de l’Université Mount Allison, l’alma mater du Bgén Hellstrom, au pied de la tombe.

« Suivant une longue histoire de femmes diplômées extraordinaires, Sheila a brisé tant de barrières et a réussi à remettre en question des modes de pensée dépassés », a-t-elle déclaré. « Nous espérons qu’elle a été influencée d’une manière ou d’une autre par le temps qu’elle a passé à notre université. Lui décerner un diplôme honorifique dans le cadre des célébrations de notre 150e anniversaire semblait un hommage approprié, et permettra de nous assurer que son héritage ne sera pas oublié sur le campus. »

La cérémonie s’est terminée par le dépôt de fleurs sur la tombe, suivi du survol d’un avion CP-140 Aurora de la 14e Escadre Greenwood. Le capitaine Mary Cameron‑Kelly, pilote d’Aurora, était sur place pour coordonner l’horaire de l’événement, et la commandante de bord dans le poste de pilotage était Vicki Connors. Une fois l’hommage funéraire terminé, le colonel (à la retraite) Cheryl Lamerson a invité les gens à gravir la colline jusqu’à la Lunenburg Academy, l’école secondaire du Bgén Hellstrom. 

Au cours de la réception, le colonel Lamerson, portant une écharpe en tartan de l’Aviation royale canadienne, a remercié tout le monde d’être venu et a invité les participants à raconter une histoire personnelle au sujet de Sheila. Pour briser la glace, elle a pris la parole la première.

« Après avoir déménagé à Lunenburg, je me suis retrouvé dans le journal local pour une raison quelconque et elle m’a appelée. « Je voulais juste vous saluer et vous dire que j’ai vu votre nom dans le journal », m’a-t-elle dit. « Je suis contente que vous ayez déménagé dans ma ville natale. » Le colonel Lamerson a dit avoir été surprise, avant de découvrir que le brigadier-général Hellstrom avait conservé son abonnement au journal de Lunenburg pendant 65 ans.

« Je faisais de la recherche sur les femmes », a déclaré le colonel Lamerson à propos de sa collaboration avec le brigadier-général Hellstrom à Ottawa dans les années 1980. L’étude, baptisée SWINTER Trials, portait sur les femmes militaires dans des environnements et des rôles non traditionnels. C’est à cette époque, en se basant sur cette recherche, que les Forces canadiennes ont ouvert aux femmes tous les rôles non traditionnels dans les forces armées. Elle garde un excellent souvenir du travail avec le Bgén Hellstrom. « Le Bgén Hellstrom nous avait offert son expérience. Elle nous avait offert ses connaissances. »

Cette recherche a permis au lieutenant-colonel (à la retraite) Karen McCrimmon de s’enrôler comme navigatrice aérienne et de devenir la première femme à obtenir la qualification officielle de membre du personnel navigant. Elle est ensuite devenue la première femme canadienne à commander un escadron aérien des Forces canadiennes, le 429e Escadron de transport, en 1998.

« Le leadership est une question de service », a indiqué le lieutenant-colonel McCrimmon. « Elle se considérait au service des autres. Elle a aidé les autres à être la meilleure version d’eux-mêmes. C’est ce que font les dirigeants. Ils inspirent. Ils aident les gens à s’épanouir. »

Le major (à la retraite) Karen Breeck a évoqué les efforts visant à préserver l’héritage du Bgén Hellstrom. Le major Breeck était une voisine et une amie qui prenait souvent de ses nouvelles. « Elle était farouchement indépendante. » Après sa mort, le major Breeck a lancé un appel aux volontaires. « Nous avons formé un groupe pour aider à préserver l’héritage de Sheila; nous sommes pour la plupart des retraitées de l’ARC. Nous nous sommes simplement réunies et nous avons réparti le travail à faire. » 

Ensemble, elles ont pris des dispositions avec des musées de l’aviation et d’autres musées dans tout le pays pour leur faire bénéficier du grand nombre d’uniformes et d’autres articles militaires que Sheila avait eu la prévoyance de conserver. Le Major Breeck affirme que tous les musées lui ont fait savoir qu’ils étaient activement intéressés par les artefacts des femmes militaires, ce dont regorge le patrimoine de la Bgén Hellstrom après 36 ans de carrière à briser des barrières. 

Le Musée de l’aviation et de l’espace du Canada mettra bientôt en vedette le brigadier-général Hellstrom dans le cadre d’une exposition sur la Guerre froide et d’une exposition sur l’intégration des genres. Mais le groupe a beaucoup à apprendre : l’archivage est un processus précis qui requiert beaucoup de temps et d’énergie à organiser. Surtout pour Bibliothèque et Archives Canada et les organisations qui ne prennent que des artefacts en papier – ou en 2D – qui doivent idéalement être numérisés avant d’être donnés pour permettre aux futurs chercheurs d’y accéder facilement. 

« Une partie de mon temps a été consacrée à l’examen de plus de 4000 diapositives et de 17 albums photo », a précisé la major Breeck. « Je sais hors de tout doute, pour l’avoir vu dans ces images, que le Bgén Hellstrom aimait la Nouvelle-Écosse en général, et Lunenburg en particulier. Elle a gardé toutes les photos de réunion des anciens élèves de la Lunenburg Academy. Elle se souciait profondément des gens et les encourageait à exceller, surtout les femmes. »

Ces messages ont trouvé un écho auprès de toutes les personnes présentes, même celles qui n’avaient jamais rencontré la pionnière.

« Nous devons savoir d’où nous venons pour savoir où nous allons », a indiqué le capitaine Heather Constantine, officière d’administration adjointe de la 12e Escadre Shearwater. « Nous sommes si reconnaissantes envers la Bgén Hellstrom, qui a ouvert la voie il y a tant d’années. »

Le lieutenant-général Al Meinzinger, commandant de l’Aviation royale canadienne, a également reconnu la nécessité de préserver l’héritage du Bgén Hellstrom. Dans son allocution lors des funérailles à Ottawa, il a dit : « Le courage et le dévouement dont elle a fait preuve au sein de notre institution militaire devraient être étudiés, car ses efforts démontrent profondément que, pour créer un avenir meilleur, les dirigeants doivent aller de l’avant et éliminer les obstacles, même s’il est difficile de le faire. » 

Le lieutenant-colonel (à la retraite) Alex Morrison, lui aussi diplômé de l’Université Mount Allison, a pris la parole lors de la réception à Lunenburg. Il a loué non seulement ses réalisations, mais aussi son engagement envers les personnes et les lieux qui l’ont aidée tout au long de son parcours.

« C’est la raison pour laquelle l’Université Mount Allison est si fière d’elle », a-t-il dit. « Nous continuerons de nous régaler des récits de ses réalisations dans les années à venir. » Il a demandé aux personnes présentes de continuer à utiliser le titre qu’elle a gagné : brigadier-général Sheila Hellstrom.

« N’oubliez pas ce que cette femme a accompli. N’oubliez pas la fondation qu’elle a construite », a-t-il déclaré. « Elle mérite qu’on se souvienne d’elle de cette façon. Nous sommes très fiers. »

Fiers de ses réalisations et fiers de l’avoir connue. Ces deux sentiments très distincts étaient évidents tout au long de l’après-midi du 16 octobre.

 

« Ce type de service, ce type d’engagement, c’est ce dont nous avons le plus besoin aujourd’hui », a indiqué le lieutenant-colonel McCrimmon. « Je l’ai rencontrée quelques fois. Je me compte parmi les chanceuses. Le Bgén Hellstrom a fait preuve de leadership pendant toute sa vie. Elle a conduit le pays vers un monde meilleur et plus équitable. Son héritage ne s’arrêtera pas aujourd’hui. »

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